John Hazel

John Hazel

Lorsque John Hazel, jeune homme, considérait les possibilités de carrière, le génie s’est imposé parce que c’était une discipline qui offrait une façon concrète de s’attaquer à des défis complexes.

« Le génie électrique, en particulier, était une discipline qui évoluait, ajoutant de nouvelles possibilités en génie informatique », annonce d’emblée ce natif de Montréal de 54 ans. « J’ai été attiré par la diversité du domaine, le large éventail de possibilités et les différents types de problèmes à résoudre. »

Cette diversité définit encore aujourd’hui son travail et ses relations interpersonnelles. En tant qu’ingénieur de gestion de réseau à Nokia, John supervise une équipe dispersée à l’échelle mondiale et travaille avec des clients sur cinq continents.

Dans l’exercice de ses fonctions, il multiplie régulièrement les échanges avec des ingénieurs commerciaux, des développeurs de logiciels, des gestionnaires de projet et des clients du monde entier dans différents secteurs. Au cours d’une journée typique, il participe à plusieurs projets en parallèle, passant du soutien prévente à l’analyse de besoins, de la préparation d’énoncé de travail, de la vérification fonctionnelle et de système, de la formation et la documentation des clients, à l’installation, à l’entretien et aux services de soutien pour les essais et le déploiement de réseaux en ligne, à l’interne et chez le client.

Les avantages de ce genre de travail planétaire aux multiples facettes sautent aux yeux lorsqu’on parle à John. D’un point de vue commercial, la proximité des coéquipiers et des clients présente un avantage majeur, mais il fait également remarquer que la collaboration avec des gens du monde entier « élargit la perspective de l’équipe, car elle doit tenir compte de différents paramètres — dont certains ne lui seraient peut-être jamais venus à l’esprit — pour concevoir des solutions adaptées aux besoins uniques du client. »

« Personnellement, ajoute-t-il, la connaissance de priorités et de difficultés nouvelles a élargi l’éventail de problèmes que je peux résoudre et favorisé la conception de solutions créatives qui vont au-delà des idées reçues, entraînant une expérience d’apprentissage continu enrichissante. »

« Le pouvoir transcendant du génie »

Après avoir obtenu un baccalauréat en génie (électrique) de l’Université Concordia en 1986, John déménage à Ottawa pour son premier poste à Recherches Bell-Northern.

Il se souvient d’une expérience au début de sa carrière qui l’a aidé à voir tout ce que peut faire un ingénieur : « Je faisais partie d’une équipe chargée d’intégrer du matériel et des logiciels dans un réseau pour un client japonais. Il s’agissait d’un projet stratégique, et la première interaction entre les composantes du réseau en était l’étape clé. »

« J’ai été envoyé à Tokyo avec une équipe pour travailler sur place avec l’équipe d’ingénierie du client. J’étais responsable de la partie inférieure de la pile de protocoles, une partie du moteur de traitement des signaux. Lorsque nous avons connecté les deux systèmes, l’échange de signaux n’a pas fonctionné et les alarmes d’erreur se sont mises à retentir. Toute l’équipe du projet s’est immédiatement tournée vers moi : avec mon homologue de l’équipe japonaise, nous avons résolu le problème — rapidement. »

Devant d’énormes difficultés, et malgré des différences de langue, de culture, de formation et d’expérience, John a pu collaborer avec son homologue pour repérer un câble défectueux et remédier à la situation en deux heures. « Cela m’a ouvert les yeux sur le pouvoir transcendant du génie, et sur la façon dont l’échange d’idées sur un même problème à résoudre peut permettre de surmonter presque n’importe quoi. »

Comment puis-je changer le monde ?

La compréhension des contextes social et environnemental des problèmes d’ingénierie aide John à saisir pourquoi, précisément, il est ingénieur informaticien : « Souvent, ce lien consiste simplement à sortir du quotidien et à comprendre l’importance de ce que l’on fait. »

Pour ce qui est des choses que les ingénieurs peuvent changer, John souligne que les perceptions des gens ont évolué au fil des ans : « À mon arrivée sur le marché du travail, les efforts étaient axés sur la résolution de crises environnementales d’origine humaine comme les pluies acides et l’appauvrissement de la couche d’ozone. Bien que le génie continue de jouer un rôle important dans les efforts déployés pour atténuer les problèmes environnementaux, beaucoup de gens qui entrent dans le domaine n’ont plus les mêmes objectifs. Ils veulent savoir comment leur travail peut aider les autres. »

« Leurs préoccupations sont sociales aussi bien qu’environnementales », d’insister John. En effet, certaines de ses réalisations techniques les plus importantes comprennent une composante sociale essentielle et, à bien des égards, il ne fait pas de distinction entre les volets technique et social. Son équipe, par exemple, a joué un rôle clé dans la mise en place d’un réseau de télécommunications panafricain, dont l’harmonisation de perspectives culturelles et organisationnelles nombreuses comportait d’énormes défis. Au bout du compte, il a demandé aux clients d’envisager un avenir idéal plutôt que de se concentrer tout de suite sur les défis techniques ou les différences de culture du moment dans la démarche — et cela a fonctionné.

Il souligne le rôle fondamental de ce que l’on appelle des « qualités humaines » dans la réalisation de cet exploit remarquable : « Les problèmes d’ingénierie sont complexes, mais les gens le sont beaucoup plus. »

Bref, John reste concentré sur la capacité qu’a le génie d’offrir des solutions concrètes à des problèmes plus importants : « Lorsque les secteurs public et privé s’unissent pour résoudre un problème urgent et qu’ils tirent profit de l’expérience en adoptant des politiques pour empêcher des problèmes semblables de se reproduire, c’est la société dans son ensemble qui en bénéficie. »